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Réunis ce dimanche 25 janvier 2026 dans la salle Bicentenaire à l’initiative d’Ubuntu Panafrika, les membres du Parlement des Jeunes du Grand Nord-Kivu ont poursuivi leurs réflexions sur la place de la jeunesse dans la lutte contre l’insécurité. Parmi les interventions marquantes, celle de l’honorable Robert Maneno Mathe, président du Parlement des Jeunes de la ville de Butembo, a mis en lumière une dimension souvent négligée du combat pour la paix : la situation des femmes et des enfants des militaires.

Dans un contexte sécuritaire fragile, particulièrement dans la région de Beni, Robert Maneno Mathe a appelé la jeunesse à changer de regard et de comportement vis-à-vis des familles des éléments engagés au front.

« Quand le militaire s’en va sur le champ de bataille, qu’il soit à l’aise que sa femme, ses enfants sont bien gâtés. C’est aussi une motivation », a-t-il insisté devant l’assistance.

Selon lui, la marginalisation, la stigmatisation et parfois même l’abandon des femmes et enfants des militaires affaiblissent indirectement l’effort de guerre. Ces familles, souvent exposées à la précarité, au rejet social et aux discours de haine, portent pourtant une lourde charge morale et sociale.

« Apportons secours aux victimes de la guerre, les femmes, les enfants des militaires, traitons-les bien. Évitons de les stigmatiser, c’est aussi contribuer à la sécurité », a-t-il martelé.

L’honorable Robert Maneno a également dénoncé la propagation incontrôlée des messages de haine et des rumeurs sur les réseaux sociaux, qui nuisent à la cohésion sociale et à l’image des Forces armées de la RDC (FARDC).

« Ne partageons pas toute sorte de rumeur sur l’armée. En cas de rumeurs, vérifions auprès des outils spécialisés », a-t-il recommandé, appelant à la responsabilité numérique des jeunes.

Pour lui, soutenir les familles des militaires, cultiver un sentiment d’amour et de solidarité, et éviter de “salir” l’image des FARDC participent pleinement à la stabilisation de la région.

« Pourquoi parler seulement des erreurs des FARDC et oublier nos propres faiblesses ? Combien de fois salissons-nous l’image de notre armée ? Ce n’est pas bon », a-t-il ajouté.

Dans une région meurtrie par des années de violences armées, le message est clair : la sécurité ne se joue pas uniquement sur le champ de bataille. Elle se construit aussi dans les communautés, par la protection, la dignité et la solidarité envers les femmes et les enfants de ceux qui risquent leur vie pour la nation.

Jean-Claude Mbafumoja