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Les routes du territoire de Beni ne sont plus de simples voies de circulation. Pour de nombreux habitants, elles sont devenues des lieux de peur, d’incertitude et parfois de deuil. Chaque déplacement vers les champs, les marchés ou les centres de santé peut se transformer en drame.

Les embuscades répétées sur l’axe Mbau-Kamango, les attaques contre les voyageurs et les incendies de véhicules rappellent que la liberté de circuler reste gravement menacée. Derrière chaque victime se cache une famille brisée, des enfants privés d’un parent, des communautés plongées dans l’angoisse.

Cette situation produit également des conséquences économiques considérables. Des cultivateurs renoncent à se rendre dans leurs champs par crainte des attaques. Des commerçants limitent leurs activités. L’approvisionnement de plusieurs localités devient difficile, avec pour conséquence une hausse du coût de la vie et un risque réel d’insécurité alimentaire.

Je tiens à saluer les efforts consentis par les FARDC et leurs partenaires engagés dans les opérations contre les groupes armés. Leur sacrifice mérite le respect de toute la Nation. Toutefois, la population attend des résultats qui lui permettront de retrouver une vie normale et de circuler sans crainte.

Il devient indispensable de renforcer durablement la sécurisation des principaux axes routiers. Une présence permanente des forces de sécurité, un système d’alerte communautaire efficace, une meilleure coordination avec les autorités locales et un accompagnement des populations sont autant de mesures qui peuvent contribuer à réduire les risques.

La sécurité des routes ne concerne pas uniquement les usagers. Elle conditionne le développement économique, l’accès aux soins, la réussite scolaire et la cohésion sociale. Une route sécurisée, c’est une population qui retrouve confiance et qui recommence à produire, commercer et investir.

J’en appelle au Gouvernement de la République, aux autorités provinciales, aux partenaires de sécurité et à toutes les forces vives de Beni : faisons de la sécurisation des axes routiers une priorité nationale. Les habitants de Beni ont suffisamment payé le prix de la guerre.

Notre peuple ne réclame pas un privilège. Il demande simplement le droit fondamental de vivre, de travailler et de circuler en sécurité sur sa propre terre.

Honorable Kanzalinzali Gervais