Nord-Kivu : à Oïcha, les élèves de l’institut Monseigneur Kahongya lancent Memoria, une revue littéraire pour dénoncer les massacres et l’injustice à Beni (Téléchargez le fichier sur Oichanews.net)
Une nouvelle revue littéraire a vu le jour ce vendredi 30 janvier 2026 en commune d’Oicha, territoire de Beni. Baptisée Memoria, elle est portée par les élèves écrivains de l’option Latin-Philosophie de l’Institut Monseigneur Kahongya. Objectif : porter plus haut les cris de la population de Beni, dénoncer l’injustice sociale et promouvoir les talents littéraires de ces jeunes élèves.
Le lancement officiel de la revue Memoria a eu lieu lors de la parade matinale tenue ce vendredi 30 janvier 2026 dans la cour de l’Institut Monseigneur Kahongya. Memoria, qui signifie « mémoire », se veut un espace d’expression et de résistance par l’écriture.
À travers cette initiative, les élèves du bloc Latin-Philosophie refusent de « mourir deux fois ». Selon les responsables de l’école, la plume devient un moyen d’immortaliser les affres de la guerre qui persistent dans l’Est de la République démocratique du Congo, particulièrement dans la région de Beni, tout en réclamant justice.
« Si l’Institut Monseigneur Kahongya a souhaité baptiser sa revue littéraire Memoria, c’est parce que nous voulons qu’après notre passage de ce monde, tout ce que nous aurons écrit soit lu. Ainsi, nous aurons refusé la deuxième mort. Nous présentons officiellement cette revue contenant certains textes conçus par les élèves et enseignants de l’Institut Monseigneur Kahongya », a expliqué le préfet de l’établissement.
Pour cette première édition, les élèves se sont penchés sur la justice congolaise, qu’ils critiquent tout en proposant des pistes de solutions pour la « soigner ». Esai Silulegha, l’un des contributeurs, dénonce notamment la corruption qui gangrène le système judiciaire.
« J’ai écrit : Est-ce que la justice peut résister aux billets d’argent ? J’ai développé ce sujet dans le cadre de l’inégalité sociale. Devant la Constitution, nous sommes tous égaux. Pour lutter contre l’injustice, le gouvernement doit bien payer les juges, car s’ils ont l’argent, ils ne peuvent pas être influencés par la corruption », a-t-il déclaré.
De son côté, Sifa Matsinga, élève et poétesse à l’Institut Monseigneur Kahongya, affirme que la revue est un cri pacifique pour la justice.
« Nous voulons montrer ce que nous sommes capables de faire. À travers notre revue, nous voulons aussi étaler la situation sécuritaire actuelle dans l’Est de la RDC », a-t-elle confié.
De la théorie à la pratique
Pour Julien Nzala, l’un des encadreurs de ces élèves, Memoria illustre parfaitement le passage de la théorie littéraire à la pratique. Il se dit fier du travail accompli par ces jeunes plumes.
Selon les initiateurs, la revue sera publiée le 30 de chaque mois. Elle sera d’abord diffusée au sein de l’Institut Monseigneur Kahongya, puis en ligne sur Oichanews.net, dans la rubrique Revue littéraire, ainsi que sur d’autres plateformes numériques.
Les promoteurs de Memoria appellent la communauté, en particulier le monde scientifique et intellectuel, à s’approprier cette revue au bénéfice non seulement de la commune d’Oicha, mais aussi de toute la République démocratique du Congo.
Les bonnes choses sont à encourager. Que cette initiative ne s’arrête pas. Pour mieux avancer dans la rédaction il faut lire aussi les autres et intégrer les différentes corrections de vos lecteurs.
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