Peuple aveugle, peuple résigné. Jusqu’à quand courberez-vous l’échine sous le joug de ceux-là mêmes qui jurent, la main sur le cœur, de vous protéger ? Ouvrez les yeux ! Ce que l’on nomme pompeusement « société moderne » n’est plus qu’une vaste arène où l’État, les technocrates et les multinationales se partagent le pouvoir, pendant que l’homme ordinaire est réduit au rang de simple variable d’ajustement.
La dignité humaine ? Un lointain souvenir, une ritournelle que l’on ressasse les jours d’élections. Regardez autour de vous. La vie des citoyens est quotidiennement piétinée, foulée aux pieds par une indifférence institutionnalisée. Nous assistons au spectacle navrant d’une démocratie en trompe-l’œil. Les droits fondamentaux ne sont plus que des lignes d’encre sur un vieux papier constitutionnel poussiéreux, exhibé uniquement pour calmer la colère populaire.
Chaque matin, le citoyen se lève, non pas pour vivre, mais pour survivre. Il est broyé par une machine économique qui valorise le profit au détriment de l’humain. Nos dirigeants, retranchés dans leurs tours d’ivoire climatisées, connaissent-ils seulement le goût amer du pain quotidien gagné à la sueur d’un front qui se plie sous le poids des taxes et des injustices ? Ils parlent de progrès, mais de quel progrès s’agit-il lorsque l’éducation s’effondre, que la santé devient un luxe et que la justice ne protège que les nantis ?
Ils ont confisqué notre voix. Ils ont transformé nos cités en des théâtres d’ombres où les citoyens ne sont que des électeurs éphémères, bons à être courtisés le temps d’un scrutin puis jetés dans les oubliettes des promesses non tenues. L’arbitraire est devenu la norme. La corruption, un sport national pratiqué avec l’arrogance de l’impunité.
Combien de temps encore accepterons-nous ce mépris organisé ? La souveraineté n’appartient plus au peuple, elle a été kidnappée par une caste d’oligarques qui se succèdent et se ressemblent. Les citoyens sont traités comme du bétail électoral, taillables et corvéables à merci, sommés de se taire et d’obéir.
Il est temps de dire « Assez ! ». La résignation est une complicité. La colère, lorsqu’elle est lucide et unie, est le premier pas vers la libération. Ne laissons plus personne piétiner notre vie, notre avenir et notre dignité. L’heure n’est plus aux lamentations, mais à la révolte des consciences !
Ezedor KIHANDI
