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Les enlèvements de civils constituent l’une des méthodes utilisées par les Forces démocratiques alliées (ADF) pour renforcer leurs effectifs, contrôler les populations et obtenir des ressources financières dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon un rapport de The Sentry publié le 27 octobre 2026, les enlèvements contribuent au fonctionnement du groupe armé, notamment par le recrutement forcé et l’exploitation des personnes capturées.

D’après cette enquête, les ADF utilisent les enlèvements pour capturer des personnes, dont des enfants, susceptibles d’être contraints de rejoindre leurs rangs ou de travailler pour le groupe. Cette pratique contribue au renouvellement de leurs effectifs et au maintien de leur capacité opérationnelle malgré les pressions militaires.

Les rançons, une source de revenus pour les ADF

Au-delà du recrutement forcé, les enlèvements de civils peuvent également servir à exiger des rançons auprès des familles des victimes. Celles-ci se retrouvent alors confrontées à une situation particulièrement difficile : réunir de l’argent pour obtenir la libération d’un proche, souvent dans un contexte d’insécurité et de précarité économique.

Ces exigences financières peuvent accentuer la vulnérabilité des familles, qui sont parfois contraintes de vendre leurs biens ou de solliciter l’aide de leur entourage pour réunir les sommes demandées. Lorsque les rançons sont versées, elles peuvent constituer une source de revenus pour les ravisseurs.

Toutefois, le rapport de The Sentry présente principalement les enlèvements comme un moyen de fournir de la main-d’œuvre, des recrues et des personnes à charge aux ADF. Il ne permet pas, à lui seul, de quantifier les revenus que le groupe tirerait spécifiquement des rançons versées par les familles.

Des conséquences humaines et sécuritaires importantes

Les enlèvements ont des conséquences qui dépassent les victimes directes. Ils provoquent des traumatismes psychologiques, fragilisent les familles et renforcent le sentiment d’insécurité au sein des communautés touchées.

La peur d’être enlevés peut également pousser certains habitants à abandonner leurs champs, leurs activités commerciales ou leurs villages, aggravant ainsi leur précarité économique.

Dans l’est de la RDC, où les populations civiles sont régulièrement exposées aux violences des groupes armés, la lutte contre les enlèvements constitue donc un enjeu majeur de protection des personnes.

The Sentry appelle à renforcer les efforts contre les réseaux qui permettent aux ADF de financer leurs activités. La lutte contre ce groupe nécessite notamment de s’attaquer à ses sources de revenus et à ses capacités de recrutement, tout en renforçant la protection des civils.

Jean-Claude Mbafumoja