La 4ᵉ édition du Festival Tumaini, autrement appelé « Festival de l’Espérance », s’est clôturée le 18 janvier 2026 à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu. Durant deux jours, du 17 au 18 janvier, cette grande messe culturelle a réuni artistes, jeunes et partenaires autour du thème « Jeunesse, Paix et Sécurité », en référence à la résolution 2250 des Nations Unies.
Parmi les artistes à l’affiche, le slameur Tafary Slam a particulièrement marqué avec sa prestation, notamment à travers ses chanson « Sans titre et J’ai appris ». À travers ces titres, l’artiste a lancé un message de patriotisme pour la République Démocratique du Congo, appelant à l’unité et à la prise de conscience de la jeunesse, et des africains en général face aux défis sécuritaires et plusieurs autres que traverse l’Est du pays et tout le continent.

Sur scène, Tafary Slam a utilisé le slam comme un outil de sensibilisation, rappelant que malgré les violences imposées par les groupes armés, l’espoir reste possible et que la jeunesse congolaise a un rôle majeur à jouer dans la construction de la paix, fondée sur la sécurité. Son message a été accueilli chaleureusement par le public de Beni, visiblement touché par la profondeur et la sincérité de ses mots.
Organisé dans un contexte sécuritaire encore fragile, le Festival Tumaini a voulu vendre une autre image de l’Est de la RDC, souvent présenté comme un « mouroir ». À travers la culture, les organisateurs ont ainsi démontré que Beni reste debout, capable de résilience, de joie et de créativité.
Selon Benjamin Asimonie, coordonnateur du Festival Tumaini, cette activité culturelle permet de montrer au monde que la population de Beni, longtemps meurtrie par les exactions des ADF, garde espoir en une amélioration progressive de la situation sécuritaire. Il souligne également l’éveil de la conscience sécuritaire chez les jeunes, certains s’engageant désormais dans l’armée et la police pour protéger la population et ses biens.

Présente à l’ouverture et à la clôture du festival, Prisca Kamala, conseillère du gouverneur du Nord-Kivu en charge de la jeunesse, a salué la résilience de la population et encouragé les jeunes à s’impliquer davantage dans la recherche de la paix. Elle a reconnu que la culture, à l’image des prestations d’artistes reste un puissant un moyen de rapprochement et de partage d’expériences entre jeunes de différentes provinces.
Soutenu financièrement par le gouvernement provincial et plusieurs partenaires, dont Ubuntu Panafrika, SOFEPADI et Bingwa, le Festival Tumaini a mêlé réflexion, divertissement, promotion et résilience.
Un panel facilité par Ubuntu Panafrika a également permis aux jeunes venus de l’Ituri et du Nord-Kivu d’échanger leurs expériences.
Nganga Victor Mbafumoja
