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La tension reste palpable entre la Bourgmestre de la commune d’Oïcha, Mme Eugénie Kavira Mwenge, et la Société Civile Forces Vives noyau d’Oïcha, à la suite d’une série d’échanges des correspondances autour de la gouvernance locale. Dans une lettre officielle datée du 16 octobre 2025, la responsable communale a tenu à réagir avec fermeté aux accusations portées contre son administration par la société civile, qu’elle accuse à son tour de jugements précipités et de manipulations.

Dans sa lettre adressée au président de la Société Civile, copie transmise au Gouverneur militaire du Nord-Kivu et à plusieurs autorités administratives, Madame Kavira Mwenge affirme avoir pris connaissance avec une attention soutenue de la lettre du 10 octobre dénonçant une prétendue mauvaise gouvernance au sein de la commune.
Cependant, la Bourgmestre dit ne pas comprendre les paramètres choisis pour définir ces accusations, tout en mettant en garde contre les jugements fondés sur les on-dit.

Elle reproche à la société civile d’avoir organisé une assemblée générale sans la présence des agents de l’État comme témoins, qualifiant cette démarche de magouille claire aux yeux de tous.

Se défendant de toute mauvaise gestion, Mme Kavira rappelle que son autorité émane d’une décision hiérarchique légitime.

« Toute autorité vient de Dieu, et à ce jour, l’autorité compétente a choisi Eugénie pour porter haut cet étendard », écrit-elle.
Elle invite la société civile à collaborer plutôt qu’à diviser, soulignant que cette dernière est un partenaire obligé dans la gestion publique, notamment au sein du Comité Local de Sécurité Élargie, où elle reproche à ses interlocuteurs de briller souvent par leur absence.

La Bourgmestre plaide pour un retour au dialogue, estimant que la bonne gouvernance ne se construit pas dans la confrontation mais dans l’échange constructif.

« La vérité jaillit dans les discussions constructives et non dans les accusations ourdies de textes », insiste-t-elle, avant d’ajouter : « L’amour est le début de la sagesse et le bon fondement pour toute réussite. » Dans sa correspondance, Kavira Mwenge Eugénie met en garde contre l’usage de faux dont elle accuse la société civile et rappelle que tout se paie ici-bas.

Cette réponse intervient dans un climat tendu à Oïcha, où la société civile a récemment demandé le départ de la Bourgmestre pour plusieurs griefs liés, selon elle, à une mauvaise gestion administrative et financière. L’assemblée générale tenue par les forces vives locales avait notamment recommandé la suspension du paiement de certaines taxes communales en signe de protestation.

Si la Bourgmestre appelle à l’amour, la tolérance et la sagesse, la société civile, de son côté, maintient sa position et exige des réformes profondes dans la gouvernance communale.

Jean-Claude Mbafumoja