« Sans dénonciation, il n’y aura pas de sécurité. Mieux vaut mille ennemis qu’un seul traître. » C’est par ces mots prononcés que le représentant de l’ASBL Ubuntu Panafrika a pris la parole lors de l’activité organisée par le Conseil Territorial de la Jeunesse à Oïcha. Il appelait les jeunes à rester vigilants et à dénoncer les complices des ADF, qui modifient leurs modes opératoires, notamment par des enlèvements suivis de demandes de rançon.
Cet appel a marqué le début de l’échange entre acteurs communautaires d’Oïcha et ses environs, qui s’est déroulé ce samedi 21 février 2026, dans la salle de réunion de l’école primaire Masosi, au quartier Pakanza, commune d’Oïcha, territoire de Beni. Organisée par le Conseil Territorial de la Jeunesse, en collaboration avec Ubuntu Panafrika, cette rencontre visait à renforcer la coresponsabilité entre civils et militaires pour la sécurité.
Ubuntu Panafrika a particulièrement insisté sur la nécessité de briser le silence face à l’insécurité. Selon ce centre de réflexion, le silence au sein de la communauté favorise l’ennemi. Dénoncer, a expliqué le représentant de Ubuntu, c’est déjà combattre, se défendre et protéger ce que l’on aime.
Il a rappelé que signaler les traîtres et les collaborateurs des ADF constitue à la fois un devoir moral et une obligation prévue par la loi. Ne pas dénoncer, a-t-il averti, revient à laisser prospérer le mal.
L’intervenant a qualifié les collaborateurs des ADF de véritables dangers pour la communauté, soulignant qu’ils représentent une menace encore plus grave en raison des informations et du soutien qu’ils apportent aux assaillants.
Par ailleurs, il a appelé les jeunes à ne pas attendre des solutions extérieures, mais à faire preuve de vigilance et de responsabilité. « La sécurité commence par nous-mêmes », a-t-il insisté, invitant la jeunesse à se mobiliser activement pour la protection de leurs communautés et la défense de la vie.
Peu avant cette intervention, Janvier Katsurana, troisième vice-président du CTJ, a pris la parole. Il a insisté sur le fait que les jeunes doivent prendre leurs responsabilités, en s’appuyant sur les piliers de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité, inspiré par la Résolution 2250 des Nations Unies, en accord avec la vision sécuritaire du Nord-Kivu.
Puis, Janvier Kasayiro, président du CTJ, a rappelé le rôle des jeunes dans la surveillance communautaire et l’engagement avec les chefs de base, la PNC, les FARDC et autres forces de sécurité. Il a appelé à mettre en œuvre un plan local de sécurité déjà validé.
Ainsi, à travers ces interventions, l’ASBL Ubuntu Panafrika, aux côtés du Conseil territorial de la Jeunesse, a montré que la dénonciation des complices est indispensable dans la traque des ADF. L’activité a été organisée après celle du Parlement des jeunes, toujours avec l’appui de Ubuntu Panafrika via le projet « Wapi Jiwe Langu Kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo ? ». Ces initiatives visent à responsabiliser les structures locales et à renforcer les échanges sur la sécurité, préparant ainsi le forum sécuritaire de Beni prévu les 23 et 24 février 2026, dédié à la lutte contre le terrorisme dans le Nord-Kivu.
Nganga Mbafumoja Victor
