Listen Live!

Un atelier consultatif pour la paix, la sécurité et la lutte contre le terrorisme au Nord-Kivu à été tenu ce jeudi 08 janvier 2025 en ville de Beni, chef-lieu provisoire de cette province.

L’activité a été organisée par le Gouvernement provincial du Nord-Kivu, avec l’appui du projet « Où est ma pierre pour la construction de la sécurité à l’Est de la RDC ? », exécuté par le centre de réflexion, de recherche, d’éveil patriotique et de l’élévation des consciences panafricaines Ubuntu panafrika ASBL. La rencontre a fait suite au premier atelier consultatif tenu à Butembo le 24 décembre 2025, qui avait réuni des experts issus des milieux communautaires, politiques, civils et militaires, et qui s’était soldé par une série de recommandations stratégiques pour la sécurité.

L’atelier de ce jour à Beni a connu la participation du chef de projet et de programme, de Ubuntu Panafrika, maître Fidèle Ubuntu. Son intervention a porté essentiellement sur le civisme sécuritaire et de la participation citoyenne.

Pendant près de trente minutes, Maître Fidèle a développé son exposé sur plusieurs axes majeurs, notamment la coresponsabilité sécuritaire entre l’État et les citoyens ; l’importance du mariage civilo-militaire; la redevabilité, la conscience citoyenne et le patriotisme actif.

Le chef de projet a souligné que
« La sécurité, avant d’être un droit à réclamer à l’État, c’est d’abord un devoir du citoyen envers l’État, envers lui-même et envers les autres. »

Il a ajouté en indiquant que « attendre la sécurité d’un étranger revient à céder son droit politique fondamental, car la direction d’une cité revient à celui qui la protège au prix de sa vie. On ne prête jamais son droit de diriger un État, pas plus que l’on ne prête son droit de mourir pour sa cité, » a-t-il déclaré.

Pour maître Fidèle, ne pas se défendre ni défendre son pays revient à nier son droit à une vie libre et digne. C’est ainsi qu’il appelle la jeunesse congolaise à soutenir les FARDC, à dénoncer les traîtres et collaborateurs de l’ennemi et à œuvrer pour le retrait des armées étrangères et de la MONUSCO, une fois la capacité nationale renforcée.

Son exposé a aussi insisté sur le fait que « Diriger une cité ou un pays, c’est d’abord assurer sa défense et sa sécurité. La sécurité est la fondation sur laquelle reposent la paix, le développement, les élections, les droits de l’homme et les libertés. Sans sécurité, sans armée dissuasive ou conquérante, la politique et les droits de cité demeurent illusoires et provisoires. »

Il voulait démontrer qu’un citoyen qui ne participe pas à la sécurité de sa cité, de ses concitoyens et de son espace vital constitue un danger pour lui-même et pour la collectivité.

Ce, surtout que, l’amour du citoyen congolais envers lui-même, sa famille et son avenir se manifeste avant tout par la défense de la cité, la protection du territoire, de l’histoire nationale et des lois, autrement dit par le renforcement du mariage civilo-militaire, martèle le chef de projet « Wapi Jiwe Langu Kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo? »

Le mariage civilo-militaire est le fondement de la sécurité durable. Le centre de réflexion, de recherche, d’éveil et d’élévation de la conscience panafricaine, Ubuntu Panafrika reste convaincue à ce sujet depuis plus de trois ans, avec les fruits palpables de cet exercice dans la chefferie de Watalinga en territoire de Beni.

En effet, l’organisation a mené des campagnes de sensibilisation successives en 2023 dans la chefferie des Watalinga, en 2024 dans le territoire de Beni et la ville de Beni, en 2025 à Beni, Lubero, en Ituri et à Kinshasa.

Ces actions ont ciblé prioritairement les civils et les communautés locales, avec des résultats observables sur le terrain, notamment à Watalinga et dans certaines zones de Beni, où des améliorations sécuritaires ont été enregistrées après le passage du projet.

Toutefois, un déficit de sensibilisation et de formation des militaires et agents de sécurité, en première ligne du front sécuritaire, demeure un défi majeur. Lorsque ces acteurs comprennent profondément l’importance du mariage civilo-militaire pour eux-mêmes, leur posture change et leur relation avec la population se transforme. Pour Ubuntu Panafrika, cette étape est déterminante pour mettre durablement fin aux actions des ADF.

« Pour se marier, il faut deux partenaires. Pour danser le tango sécuritaire, la population est de plus en plus prête. Aux services de défense et de sécurité de se transformer à leur tour, car changer le monde commence par se changer soi-même. Ensemble, nous vaincrons, » lance Fidèle Ubuntu.

Il soulève quelques questions clés lors des échanges avec des acteurs communautaires.

  • Comment être fier des services de sécurité lorsque ceux-ci sont perçus comme des services à monnayer plutôt que comme un bien public gratuit et égal pour tous ?
  • Comment se sentir lié à une armée lorsque subsiste un passif lourd et non résolu entre elle et la population ?
  • Comment le peuple peut-il jouer son rôle de vigilance et d’appui lorsqu’il nourrit un sentiment de revanche contre les représentants de l’État ?
  • Faut-il conditionner l’accès à certaines fonctions politiques ou administratives à une expérience militaire, policière ou à un engagement familial dans ces services ?
  • Les représentants de l’État et des services de sécurité, dans leurs interactions quotidiennes, renforcent-ils l’amour de l’État chez les citoyens ou contribuent-ils à leur désillusion ?
  • La RDC sera-t-elle sauvée par l’amour patriotique de ses citoyens ou par la seule rationalité scientifique (logos) ?

Disons que l’atelier consultatif tenu ce jeudi en ville de Beni ouvre la voie à la mise en place d’un plan provincial intégré de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme au Nord-Kivu, fondé sur l’implication citoyenne, la confiance mutuelle et une collaboration étroite entre civils et forces de défense.

Cellule de communication