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La lutte contre le terrorisme et le renforcement de la collaboration entre civils et services de sécurité étaient au centre d’une séance de restitution organisée ce samedi à Oicha. Initiée par le Parlement des Jeunes d’Oicha avec l’appui de l’ASBL Ubuntu Panafrika, l’activité visait à mieux comprendre la menace des rebelles ADF, leurs stratégies et les moyens de les combattre efficacement.

Organisée dans la salle Kyusa, non loin de la barrière de Tenambo, la rencontre a réuni près d’une centaine de jeunes issus de différentes associations juvéniles, de plusieurs quartiers d’Oicha ainsi que de la localité de Bakila-Tenambo, aux côtés des représentants des services de sécurité. Les échanges ont porté essentiellement sur les mécanismes pouvant conduire à l’éradication de l’ADF et sur le rôle de la jeunesse dans la protection de la communauté.

Lors du premier exposé, le facilitateur a détaillé les principales stratégies utilisées par les rebelles pour semer la terreur au sein des populations. Parmi celles-ci figurent l’instauration d’un climat de peur, l’infiltration de certains membres de la communauté comme collaborateurs, ainsi que la propagation de fausses informations destinées à désorienter la population.

Renforçant cette analyse, Charles Valeri, membre du Parlement des Jeunes d’Oicha, a expliqué qu’une autre stratégie majeure de l’ADF consiste à éloigner la population de son armée. Selon lui, une fois la confiance brisée entre civils et forces de défense, les terroristes peuvent opérer plus facilement en faisant croire à l’inefficacité des forces loyalistes.

Le troisième intervenant, représentant de l’ASBL Ubuntu Panafrika, a quant à lui sensibilisé la jeunesse sur la nécessité d’une collaboration étroite entre la population, les FARDC et la PNC. Il a insisté sur le fait que la méfiance entre civils et forces de sécurité ne fait que favoriser l’ennemi.

La jeunesse d’Oicha et environs s’engage désormais à œuvrer au côté des outils de sécurité. Celui-ci, qui a pris la parole appelle cependant à la protection de tout celui, qui légalement veut défendre son pays (faisant référence à ceux qui font recours à leurs forces ancestrales pour combattre les terroristes ADF).

« En ce qui concerne notre soutien à l’armée, nous allons toujours renforcer ce lien qui existe déjà. À nous tous, cette force que nous avons, mettons-la en pratique. Ne laissons pas place à l’ADF », a-t-il déclaré.

Un autre jeune présent a salué l’initiative, remerciant particulièrement l’ASBL Ubuntu Panafrika et le Parlement des Jeunes pour cette mission d’éveil patriotique. Il a également encouragé l’armée pour les sacrifices consentis sur le terrain.

« Si nous ne sauvons pas ce pays en tant que jeunes, nous n’aurons pas d’autre choix. S’il faut intégrer l’armée, allons-y massivement. Sacrifions-nous pour ce pays, nous n’en avons pas un autre. À l’armée de respecter son serment, celui de mourir pour la Nation », a-t-il déclaré.

Cette séance s’inscrivait dans le cadre de la restitution de l’atelier d’éveil de conscience patriotique et de collaboration civilo-militaire tenu le 25 janvier 2026 à Beni. Cette rencontre avait rassemblé plus de 500 jeunes parlementaires ainsi que des membres du Conseil de la Jeunesse du Grand Nord-Kivu, autour de la question de l’engagement citoyen face à l’insécurité persistante dans la région.

Jean-Claude Mbafumoja