La guerre qui oppose les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux rebelles de l’AFC/M23 a pris, ces derniers mois, une tournure de plus en plus médiatique. Communiqués officiels, vidéos virales, messages anonymes et analyses partisanes inondent les réseaux sociaux, au point de brouiller la lecture réelle de la situation sécuritaire sur le terrain.
Pour l’acteur politique Faustin Muyisa, alias « Touadera », il existe aujourd’hui un décalage préoccupant entre ce qui se dit en ligne et ce que vivent réellement les populations dans les zones touchées par les combats.
« La guerre est devenue plus médiatique que stratégique. Sur les réseaux sociaux, chacun annonce des victoires ou des défaites, alors que sur le terrain, les civils continuent de souffrir, de fuir et de mourir », déplore-t-il.
Selon lui, cette surmédiatisation du conflit comporte de sérieux risques. Elle peut alimenter la désinformation, créer de faux espoirs ou, au contraire, installer un climat de peur et de résignation au sein de la population.
« Quand la communication ne correspond pas à la réalité, elle finit par trahir ceux qui vivent la guerre au quotidien », estime Faustin Touadera.
Faustin Muyisa appelle ainsi la communauté nationale, en particulier les jeunes très actifs sur les réseaux sociaux, à faire preuve de responsabilité et de discernement. Il invite les citoyens à éviter la propagation de rumeurs, d’images non vérifiées ou de discours alarmistes qui peuvent servir les intérêts des groupes armés ou fragiliser le moral des populations et des forces loyalistes.
Il exhorte également les autorités et les acteurs de la communication publique à privilégier une information crédible, mesurée et respectueuse des victimes.
« Informer, oui. Manipuler ou maquiller la réalité, non. Le peuple a droit à la vérité, même lorsqu’elle est difficile », insiste-t-il.
Dans ce contexte de guerre, où les armes se mêlent aux mots et aux images, Faustin Touadera rappelle que l’unité nationale reste une arme essentielle.
« Orienter la communauté, c’est l’appeler à rester solidaire des populations de l’Est, à soutenir les FARDC sans tomber dans l’intox, et à refuser que la guerre se transforme en spectacle médiatique », conclut-il.
Rédaction
