Le député provincial Bienvenu Lutsumbi, élu de la ville de Butembo, monte au créneau pour dénoncer la surfacturation illégale dans la procédure d’obtention du passeport biométrique en ville de Butembo et de Beni, au Nord-Kivu. Dans une correspondance adressée à Son Excellence Madame la Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, l’élu du peuple déplore des pratiques injustifiées qui font tripler le coût réel du passeport.
Alors que le tarif officiel du passeport congolais est fixé à 75 dollars américains, plusieurs citoyens affirment être contraints de payer jusqu’à 225 USD, à cause de frais parallèles imposés à divers niveaux du processus. Ces frais concernent, entre autres, l’identification à la DGI pour le NIF (20 USD), l’enregistrement en ligne (20 USD), des frais de facilitation bancaires, l’alignement pour la capture (20 USD), l’identification à l’ANR (30 USD), la capture biométrique (40 USD) et le retrait du document (10 USD).
Pour le député Lutsumbi, cette situation constitue une injustice sociale pour une population déjà éprouvée par la guerre, l’insécurité et la crise économique persistante dans la région. Il salue néanmoins les réformes positives menées par la ministre, notamment la numérisation du processus, la bancarisation du paiement et la modernisation du système de délivrance du passeport, mais déplore que ces efforts soient aujourd’hui entachés par des dérives locales.
« Votre sens élevé de l’État et votre souci constant de rapprocher les services publics de la population méritent d’être salués », a écrit l’élu de Butembo, tout en appelant la ministre à mettre fin à ces pratiques illicites.
Dans sa lettre référencée N°11/HBL/DP-NK/RDC/2025 datée du 29 octobre 2025, le député formule plusieurs recommandations claires : mettre fin à toutes formes de frais parallèles et faire respecter le tarif officiel de 75 USD ; faire supporter par l’État les frais de mission et de logistique de l’équipe de capture ; renforcer la collaboration entre les institutions concernées, notamment avec la DGI pour accélérer l’obtention du NIF ; améliorer l’assistance aux demandeurs, souvent mal informés sur les nouvelles procédures en ligne ; et créer une petite équipe locale d’informaticiens pour appuyer la mission technique sur le terrain.
Cette interpellation du député Lutsumbi arrive à un moment où de nombreux citoyens du Grand Nord se plaignent de l’opacité et du coût élevé du processus d’obtention du passeport biométrique. L’intervention du parlementaire provincial vient ainsi relayer la voix des sans-voix et rappeler la nécessité de transparence dans la gestion des services publics.
JC Mbafumoja
