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La décision du gouvernement central de suspendre la campagne une arme contre 100 $, initiative lancée par le gouverneur du Nord-Kivu pour encourager la population à remettre volontairement les armes, continue de susciter de vives réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle de Darius Syayira, juriste de formation. Il déplore une mesure incompréhensible et dangereuse pour une province déjà minée par l’insécurité.

Dans une interview avec Oichanews, Darius Syayira dit avoir été désagréablement surpris par l’arrêt brusque de cette campagne, qu’il considère comme une initiative salutaire dans un contexte marqué par la recrudescence de la criminalité, des assassinats et de la circulation incontrôlée des armes à feu.

« La situation que nous traversons ici mérite une attention particulière », rappelle-t-il, soulignant que la population du Nord-Kivu vit au quotidien les conséquences de l’insécurité persistante.

Pour lui, la suspension venue de Kinshasa soulève des questions.

« Je ne comprends pas comment une injonction venue de la capitale peut étouffer des initiatives locales aussi pertinentes. Cela laisse penser qu’il y a anguille sous roche, au regard de la gravité de la situation que nous vivons ici sur le terrain », a-t-il déclaré.

Il estime que l’opération voulue par le gouverneur, malgré les critiques qu’elle a pu susciter, constituait un moindre mal, car elle permettait au moins de retirer des armes de la circulation, réduisant potentiellement les actes criminels commis par des personnes non affiliées à l’armée régulière.

« Cette campagne du gouverneur était salutaire. Malheureusement, elle a été étouffée par Kinshasa, qui semble ignorer la réalité que nous vivons ici. Nous nous interrogeons : qu’est-ce qui se cache derrière cette position politique du ministère de l’Intérieur ? C’est là toute notre inquiétude », dit-il.

Alors que les attaques armées et violences urbaines se multiplient dans plusieurs localités du territoire de Beni, le juriste appelle à une réévaluation urgente de la décision du ministère de l’Intérieur. Il estime qu’elle pourrait compromettre les efforts locaux de pacification.

JC Mbafumoja