Des responsables religieux, chefs coutumiers, défenseurs des droits humains et membres des mouvements citoyens de Beni ville et territoire se sont retrouvés ce jeudi 22 janvier 2026 en ville de Beni pour des échanges autour de la sécurité. Ils étaient près d’une centaine de personnes réunis à l’espace Bana Beni, sur initiative du centre de recherche, de réflexion, d’élévation et d’éveil de conscience panafricaine Ubuntu Panafrika, en collaboration avec les chefs coutumiers.
Les exposés ont notamment porté sur les causes des souffrances auxquelles sont confrontés les habitants et comment y faire face. Il a été démontré que l’abandon de la culture et de la tradition par plusieurs communautés de la région est à la base de plusieurs défis. En plus, l’hospitalité sans la moindre vigilance de nombreux habitants. Ici, maître Fidèle Ubuntu, chef de projet « Wapi Jiwe langu Kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo?» et principal conférencier du jour a demandé aux chefs coutumiers d’accueillir les déplacés, oui, mais sans perdre la vigilance pour ne pas aussi accueillir les agresseurs.

Maître Fidèle rappelle que la terre c’est la vie, et que perdre sa terre c’est perdre non seulement son identité, mais surtout sa vie.
« Notre tradition nous rappelle que c’est sur la terre qu’il y a la vie, qu’il y a le travail. Le choix est donc clair entre protéger la personne et protéger la terre. Si on perd la personne, Papa et Maman peuvent décider d’en faire un autre. Mais si c’est la terre qui est perdue… c’est toute une identité qui se perd. Il n’existe pas de droit de l’homme plus que notre tradition, cette dernière qui nous demande de défendre notre terre, notre mère, terre-mère. »
Le chef du projet Wapi Jiwe Langu Kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo a, en outre, critiqué certains projets des ONG qui transforment des habitants à des mendiants par la distribution des vivres : pâte jaune, …
Selon lui, depuis ces projets, de nombreux habitants sont devenus dépendants de l’aide humanitaire et ainsi oublier qu’ils vivaient de leurs propres.
Enfin, ce conférencier rappelle que la culture et la tradition d’un peuple le définissent et que la langue est la plus belle fleur d’une culture. Il appelle à l’unité des communautés de la région, à l’unité avec les forces de défense et de sécurité contre l’insécurité et toute l’agression. S’unir avec les l’armée nationale c’est lutter pour son indépendance dans la défense, parce que dit-il, « c’est une malédiction pour un peuple d’attendre la sécurité d’un étranger. La sécurité ne s’importe pas. Elle se construit plutôt par la collaboration civilo-militaire. »
Nganga Victor Mbafumoja
