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Alors que les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri restent sous vigilance sanitaire face à la menace de la maladie à virus Ebola, une nouvelle rumeur dangereuse circule dans plusieurs communautés : la petite tige métallique placée dans les cache-nez serait un outil destiné à contaminer les personnes qui portent les masques. Cette affirmation est fausse.

La fine barre métallique retrouvée à l’intérieur des masques chirurgicaux n’est qu’un simple dispositif d’ajustement. Elle permet au masque d’épouser la forme du nez afin de mieux couvrir le visage et limiter les passages d’air. Elle existe dans les masques utilisés partout dans le monde, y compris dans les hôpitaux où travaillent les médecins et infirmiers qui soignent les malades.

Aucune étude scientifique, aucun médecin et aucune autorité sanitaire n’ont démontré que cette pièce transmet le virus Ebola.

Le virus Ebola ne se propage pas par une tige métallique intégrée dans un masque neuf. La maladie se transmet principalement par contact direct avec les liquides corporels d’une personne infectée : sang, sueur, vomissements ou autres sécrétions contaminées. Les objets souillés peuvent aussi devenir dangereux lorsqu’ils ont été en contact avec ces liquides.

Les spécialistes de santé rappellent plutôt que les masques constituent une mesure de protection importante lorsqu’ils sont utilisés correctement. Refuser de porter les cache-nez à cause de fausses informations peut exposer davantage les communautés aux risques sanitaires.

Dans plusieurs zones touchées par les épidémies, les rumeurs et la désinformation ont déjà compliqué le travail des équipes médicales et semé la méfiance au sein de la population. Pourtant, face à Ebola, la prudence doit s’appuyer sur des faits vérifiés et non sur des théories sans preuve.

La population est donc appelée à :

  1. vérifier les informations auprès des professionnels de santé ;
  2. éviter de partager des messages non confirmés ;
  3. continuer à respecter les mesures d’hygiène ;
  4. utiliser des masques propres et à usage approprié.

En période d’épidémie, la peur peut créer des rumeurs. Mais la désinformation peut devenir elle-même un danger pour toute la communauté.

Jean-Claude Mbafumoja