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Jusqu’à quand observerons-nous, impassibles, la lente descente aux enfers de notre région ? La situation sécuritaire n’est plus simplement « préoccupante » ; elle est devenue un chaos absolu, un scandale humanitaire toléré par ceux-là mêmes qui ont juré de nous protéger.

Dans nos quartiers, dans nos villages, la vie humaine a perdu toute valeur. Les faux-vrais ADF dictent leur loi, pillent et tuent en toute quiétude et impunité, transformant notre quotidien en un champ de bataille permanent. Les bruits de bottes et les crépitements d’armes sont devenus notre funeste berceuse. Nos routes sont des mouroirs, nos champs des zones interdites, et nos foyers des prisons à ciel ouvert.

Pendant que des familles entières fuient, abandonnant tout ce qu’elles possèdent pour devenir des déplacés internes entassés dans des camps de fortune, que font nos dirigeants ? Ils se complaisent dans des discours lénifiants et des réunions stériles. Les promesses de paix tombent comme des feuilles mortes, balayées par la réalité des massacres et des déplacements forcés.

La sécurité n’est plus un droit fondamental, c’est devenu un luxe inaccessible. Nos forces de défense et de sécurité, souvent démunies et abandonnées à leur triste sort, assistent impuissantes à l’effritement de l’autorité de l’État. La justice, elle, semble avoir déserté les tribunaux pour laisser place à la loi du plus fort.

Combien de morts faudra-t-il pour réveiller les consciences ? Combien d’orphelins, de mères en pleurs et de vies fauchées avant que les autorités ne prennent enfin la mesure de ce drame ? Nous ne pouvons plus être les simples spectateurs de notre propre destruction.

Il est temps de cesser les compromissions. Il est temps d’agir, de sécuriser notre territoire et de restaurer la dignité de notre peuple. La passivité est une complicité. Exigeons la paix, non pas comme une faveur, mais comme le plus strict de nos droits !

Le Pamphlet de Ezedor KIHANDI