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Dans un contexte des appels à une journée ville morte ce mercredi 03 juin 2026 à Beni et Butembo, lancés par certains mouvements citoyens, groupes de pression et acteurs politiques pour dénoncer l’insécurité ou s’opposer à un éventuel changement de la Constitution, Maître Fidèle Ubuntu, chef de programme de l’organisation Ubuntu Panafrika Asbl, s’élève contre ce qu’il considère comme une dérive antidémocratique de certains leaders qui prétendent parler au nom de toute la population.

L’avocat estime que de nombreux Congolais se sentent contraints de suivre des mots d’ordre qui, pourtant, ne s’imposent à personne. Selon lui, le premier combat citoyen consiste à apprendre à dire non.

« Chaque Congolais a le droit de dire non. Celui qui ne sait pas dire non, même son oui n’est pas un vrai oui », soutient-il.

Pour Maître Fidèle Ubuntu, certains acteurs profitent de leur visibilité médiatique pour donner l’impression qu’ils parlent au nom de toute une population sans jamais l’avoir consultée. Lorsqu’ils affirment que « la population dit non » ou qu’« il n’y aura pas d’activités », ils s’arrogent, selon lui, un mandat qu’ils n’ont jamais reçu.

« Personne ne peut se réveiller un matin et devenir le porte-parole de toute une ville ou de tout un peuple. Les Congolais ont des bouches, des droits et savent les exprimer eux-mêmes », affirme-t-il.

Il rappelle que les groupes de pression et les mouvements citoyens n’ont reçu aucun mandat populaire leur permettant de parler au nom de tous les habitants. Pour lui, toute population a le droit d’être consultée avant que quelqu’un prétende exprimer sa volonté.

Maître Fidèle Ubuntu rejette également l’idée selon laquelle la rue représenterait automatiquement la majorité. Selon lui, la majorité silencieuse ne devient pas minoritaire parce qu’elle choisit de respecter le droit de ceux qui manifestent.

« Ce n’est pas parce que certains descendent dans la rue qu’ils représentent toute la population. Beaucoup de citoyens préfèrent travailler, observer ou simplement garder leur opinion », explique-t-il.

Dans son analyse, il estime que la démocratie repose justement sur l’acceptation de la contradiction. Un leader véritablement démocrate doit accepter que des citoyens puissent ne pas partager ses positions sans être intimidés ou culpabilisés.

L’avocat s’interroge également sur l’énergie mobilisée autour de la question du changement ou non de la Constitution. Selon lui, les débats constitutionnels ne constituent pas la cause directe de l’insécurité qui frappe l’Est du pays.

Il regrette que les Congolais soient parfois plus mobilisés pour s’affronter entre eux que pour renforcer leur unité face aux menaces sécuritaires extérieures.

« Nous sommes prêts à nous battre entre nous, mais nous avons du mal à nous unir contre ceux qui nous attaquent », déplore-t-il.

Concernant les opposants à une éventuelle révision constitutionnelle, Maître Fidèle Ubuntu estime que dans une démocratie, le dernier mot revient au peuple. Il considère que ceux qui affirment que « la population dit non » devraient accepter que le débat aille jusqu’à son terme et que les citoyens puissent se prononcer par les mécanismes prévus par la loi.

Enfin, il affirme être sorti du silence parce qu’il constate que beaucoup de citoyens n’osent pas exprimer publiquement leur désaccord face aux appels à la ville morte. Selon lui, une partie importante de la population ne soutient pas forcément ces initiatives mais préfère se taire par peur des réactions ou des pressions.

Pour Maître Fidèle Ubuntu, la démocratie ne peut pas être construite sur l’intimidation, l’imposition des mots d’ordre ou la confiscation de la parole populaire. Elle exige au contraire le respect du droit de chacun à soutenir, à contester ou à refuser librement toute initiative politique ou citoyenne.

Nganga Mbafumoja Victor