On les disait garants de la démocratie, quatrième pouvoir, sentinelles incorruptibles de la vérité. Quelle vaste farce. Aujourd’hui, l’encre des rotatives ne coule plus pour informer, mais pour glorifier ceux qui paient le mieux. Et qui sont les maîtres d’orchestre de cette mascarade ? « Elles ». Ces multinationales tentaculaires, ces lobbys sans visage, ces officines de la communication qui ont fini par acheter les consciences à coups de contrats publicitaires juteux et de dîners mondains.
Regardez-les, nos « grands » journalistes. Ils ont troqué leur carte de presse contre une carte de fidélité aux intérêts de leurs nouveaux maîtres. La plume trempée dans le vitriol est devenue une plume trempée dans le miel dès qu’il s’agit de brosser dans le sens du poil. Les enquêtes ? Étouffées. Les scandales ? Passés sous silence. La critique ? Réservée aux petits, aux faibles, à ceux qui n’ont pas les moyens d’offrir des espaces publicitaires pleine page ou des voyages de presse tous frais payés.
Il suffit de tendre l’oreille ou de tourner les pages. Leurs articles ne sont que des communiqués de presse déguisés, des opérations de séchage de réputation en règle. Ces dames de la com’ et ces reines du marketing ont parfaitement compris la leçon : il est inutile de censurer la presse quand il suffit de la posséder. En inondant les rédactions de subsides et de faveurs, elles ont mis les journalistes dans leurs poches.
Pauvre liberté d’expression, réduite à l’état de faire-valoir ! Les voilà transformés en simples hérauts du politiquement correct et du profit. Mais que nos chers scribouillards et leurs bienfaitrices se le tiennent pour dit : si les pages de leurs journaux s’achètent, la colère des citoyens, elle, n’a pas de prix. L’omerta a un terme, et la vérité finit toujours par se frayer un chemin hors de leurs poches dorées.
Le pamphlet de Ezedor KIHANDI !
