Plusieurs dizaines d’hommes et de femmes, majoritairement des jeunes de la localité de Bakila-Tenambo au Nord de la commune d’Oïcha, dans le territoire de Beni, ont pris part dimanche 14 juin à une séance de sensibilisation organisée auprès du Club La Renaissance, dans le cadre du projet « Wapi Jiwe Langu kwa Usalama wa Mashariki ya Kongo?», exécuté par l’organisation Ubuntu Panafrika.
L’activité s’inscrit dans le cadre du renforcement du mariage civilo-militaire et visait à encourager l’implication de la communauté dans les efforts de sécurisation de la zone, confrontée depuis plusieurs années au terrorisme des ADF.
Devant les participants, le représentant de l’ASBL Ubuntu Panafrika a insisté sur l’attitude que doit adopter la population face au terrorisme. Selon lui, l’objectif principal des groupes terroristes est d’affaiblir psychologiquement les communautés, d’entretenir la peur et de rendre les citoyens incapables de réagir ou de se défendre.
« Le terrorisme cherche avant tout à installer la peur dans les esprits. Lorsqu’une communauté vit dans la peur, elle devient vulnérable et perd sa capacité à réfléchir et à agir », a-t-il expliqué.
Pour illustrer son propos, il est revenu sur un récent drame survenu à Mbau-Kitoho lors d’une attaque attribuée aux ADF. Il a relaté le cas d’une femme qui, prise de panique au cours de la nuit, avait ouvert la porte de sa maison pour s’enfuir et se cacher, alors que les assaillants venaient d’échouer à y pénétrer. Revenus sur leurs pas, les assaillants ont trouvé la porte ouverte et ont exécuté sur place l’époux resté à l’intérieur.
À travers cet exemple, le point focal de Ubuntu Panafrika a souligné que la peur empêche souvent de réfléchir et de prendre les bonnes décisions. « La peur n’empêche pas de mourir ; elle empêche surtout de vivre et de se protéger », a-t-il insisté.

L’organisation a également appelé les jeunes à demeurer vigilants et à jouer pleinement leur rôle dans la protection de leurs communautés. Présentés comme les espoirs d’aujourd’hui et non de demain, les jeunes ont été exhortés à rester éveillés face aux défis sécuritaires.
Dans le même ordre d’idées, Ubuntu Panafrika a découragé la consommation abusive de boissons alcoolisées, estimant qu’elle favorise la distraction et réduit la capacité de vigilance des citoyens.
Au cours des échanges, l’accent a aussi été mis sur la promotion des langues maternelles lors des réunions communautaires. Selon l’organisation, la langue locale constitue un outil important de cohésion sociale, de transmission des messages et de renforcement de la sécurité au sein des communautés.
S’adressant particulièrement aux femmes présentes, le représentant d’Ubuntu Panafrika a insisté sur l’importance de l’éducation civique et patriotique des enfants. Il a soutenu qu’un enfant sensibilisé dès son jeune âge à la protection de sa terre, de sa famille et de sa nation grandit avec un sens élevé de responsabilité envers sa communauté et son pays.
À l’issue de la rencontre, les participants ont promis de maintenir le contact avec Ubuntu Panafrika afin de prendre part aux prochaines activités de sensibilisation. Ils ont reconnu la nécessité pour chaque citoyen d’apporter sa contribution à la sécurité collective.
Pour eux, la sécurité ne s’importe pas. Avant d’être un droit à revendiquer, elle constitue d’abord un devoir que chaque citoyen a envers lui-même, sa famille et sa nation.
Nganga Mbafumoja Victor
