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Les récentes attaques perpétrées contre les populations civiles dans la région de Beni au Nord-Kivu ont provoqué une vive émotion au sein de la jeunesse. Face à l’insécurité persistante, plusieurs jeunes expriment aujourd’hui leur volonté de s’engager davantage pour défendre leurs villages, leurs familles et leur terre. Cette détermination mérite d’être saluée. Elle traduit un profond attachement à la paix et à la protection des communautés.

Cependant, la bonne volonté seule ne suffit pas pour faire face à un ennemi aussi organisé et expérimenté que les ADF. Si cette initiative de la jeunesse doit se matérialiser et produire des résultats positifs, elle devra être encadrée par plusieurs conditions essentielles.

D’abord, il est indispensable que cette mobilisation bénéficie d’un cadre légal et d’une coordination étroite avec les FARDC et les autres services de sécurité. Une action isolée risquerait d’exposer inutilement les jeunes à des dangers considérables et de compliquer les opérations militaires en cours.

Ensuite, les volontaires doivent recevoir une formation adéquate. La connaissance du terrain est un atout, mais elle ne remplace ni la discipline militaire, ni les techniques de sécurité, ni les principes de protection des civils. Toute initiative sérieuse doit s’appuyer sur des règles claires et sur une chaîne de commandement bien définie.

La question du renseignement demeure également fondamentale. Dans cette guerre, l’information vaut parfois plus que les armes. Les jeunes peuvent jouer un rôle majeur dans l’identification des mouvements suspects, la transmission rapide des alertes et la protection de leurs communautés contre les infiltrations ennemies.

Par ailleurs, une telle mobilisation exige des moyens logistiques suffisants : communication, ravitaillement, soins médicaux, transport et équipements adaptés. Sans ces éléments, même les meilleures intentions peuvent rapidement se transformer en vulnérabilité.

Enfin, l’unité doit rester le maître mot. Cette initiative ne doit être ni politique, ni communautaire, ni tribale. Elle doit rassembler tous les fils et filles de Beni autour d’un objectif commun : la défense de la population et le retour durable de la paix.

La jeunesse de Beni a déjà démontré à plusieurs reprises son courage et son patriotisme. Aujourd’hui, ce courage doit s’accompagner d’organisation, de discipline et d’un partenariat étroit avec les institutions chargées de la sécurité. C’est à ce prix que cette mobilisation pourra contribuer efficacement à la lutte contre les ADF et à la sécurisation de notre région.

Malamasa Kasomo O’Buira