Depuis plusieurs années, les Forces armées de la République démocratique du Congo, souvent en coopération avec leurs partenaires, mènent des opérations contre les rebelles des ADF dans la région de Beni. Des bastions ont été détruits, des combattants neutralisés et plusieurs otages libérés. Pourtant, les attaques contre les populations civiles continuent de faire des victimes.
La première réponse est que cette guerre ne se gagne pas uniquement par les armes. Les ADF ont changé leur mode opératoire. Ils évitent souvent les affrontements directs et privilégient les attaques contre les civils, les infiltrations, les embuscades et les déplacements rapides dans des zones difficiles d’accès. Ils cherchent avant tout à semer la peur et à fragiliser le tissu social.
La deuxième réponse concerne la collaboration entre la population et les services de sécurité. Dans plusieurs cas, des alertes sont transmises à temps et permettent d’éviter des drames. Mais ailleurs, la peur, la méfiance ou l’absence d’informations retardent les interventions. La sécurité est une responsabilité partagée. Chaque citoyen doit comprendre que signaler un mouvement suspect peut sauver des vies.
Il est également nécessaire de renforcer les capacités de nos forces de défense et de sécurité. Les militaires engagés sur le terrain ont besoin de moyens adaptés, d’un soutien logistique permanent et d’un accompagnement qui leur permette d’accomplir efficacement leur mission de protection des populations. J’insiste sur la dotation des drones sophistiqués aux militaires FARDC afin de permettre la localisation de l’ennemi qui est en circulation permanente.
Au-delà de l’action militaire, il faut agir sur les causes qui rendent certaines communautés vulnérables. Le développement des infrastructures, l’accès aux services sociaux de base, l’encadrement de la jeunesse et la création d’opportunités économiques contribuent aussi à réduire l’influence des groupes armés.
J’encourage également les autorités à poursuivre le renforcement des mécanismes d’alerte précoce, à améliorer la coordination entre les différents services de sécurité et à maintenir un dialogue permanent avec les leaders communautaires. Une population informée et organisée constitue un atout majeur dans la prévention des attaques.
Enfin, je rends hommage à toutes les victimes de cette insécurité et à ceux qui continuent de servir la Nation dans des conditions difficiles. La paix durable ne dépend pas d’un seul acteur. Elle exige l’engagement de l’État, des forces de défense, des partenaires, des autorités locales et de chaque citoyen.
Notre devoir collectif est de rester unis, vigilants et déterminés afin que Beni et l’ensemble de l’Est de la République démocratique du Congo retrouvent enfin la paix et la sécurité auxquelles leurs populations aspirent.
Honorable Kanzalinzali Gervais
