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À l’occasion de la clôture du mois dédié à la femme, ce mardi 31 mars 2026, Maître Fidèle Ubuntu, chef du projet « Wapi Jiwe Langu Kwa Usalama Wa Mashariki ya Kongo ? », a recentré le débat sur une réalité souvent ignorée : il n’existe pas de sécurité sans la femme.

Devant des élèves, étudiants et membres de la communauté à Oïcha, dans le territoire de Beni, ce chef de programme de Ubuntu Panafrika a développé une réflexion sur le rôle central de la femme dans le contexte de guerre et de sécurité.

Pour lui, si les hommes sont visibles sur les champs de bataille, les femmes, elles, portent la guerre autrement dans leur quotidien, dans leurs responsabilités et dans leur résistance silencieuse.

Selon Maître Fidèle Ubuntu, « ce sont les hommes qui font la guerre, et les femmes qui en sont les premières victimes ». Pourtant, souligne-t-il, chaque militaire, chaque combattant, chaque Muzalendo est d’abord le fruit d’une femme. « S’il y a une armée au Congo, c’est qu’il y a d’abord des femmes qui ont donné naissance à ces hommes », insiste-t-il, rappelant qu’il ne peut exister de nation sans armée, ni d’armée sans femme.

Dans cette logique, il a appelé à rendre hommage aux femmes qui acceptent de devenir épouses de militaires, mais aussi à celles qui ont mis au monde des hommes engagés dans la défense du pays. Un hommage mérité, selon lui, pour ces femmes qui tiennent debout malgré les absences, les incertitudes et les lourdes responsabilités familiales.

Maître Fidèle Ubuntu a également dénoncé une perception limitée de la guerre.

« Nous constatons ceux qui sont sur le champ de bataille, mais nous oublions que la guerre est aussi dans la tête de chaque femme. Pendant que les hommes combattent, les femmes restent derrière, avec les enfants, souvent enceintes, mais elles tiennent bon. »

Dans son intervention, il a invité les femmes à ne pas se sous-estimer.

« Il n’existe pas de sécurité sans une femme. Femme, ne vous négligez pas. »

Pour lui, la femme est au centre de tout, jusqu’à être comparée à la terre nourricière.

« Éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation. La femme est elle-même symbole de la terre, car notre première nourriture vient d’elle. »

Au-delà du présent, Maître Fidèle Ubuntu a tenu à déconstruire certains récits sur l’émancipation féminine. Il a rappelé que les droits et le leadership des femmes ne datent pas des résolutions modernes, du 08 mars ou des Nations unies. Bien avant cela, des figures africaines ont marqué l’histoire par leur engagement et leur leadership. Il a notamment évoqué Kimpa Vita, qui, entre les années 1400 et 1500, aurait mobilisé une armée de plus de 20 000 hommes pendant plusieurs décennies. Il a également cité Nzinga, présentée comme une figure militaire marquante de l’histoire congolaise et africaine. Bien avant elles encore, des reines comme Néfertiti ont dirigé de puissants royaumes.

Pour Maître Fidèle Ubuntu, ces exemples prouvent que l’éveil des femmes ne vient pas de l’extérieur, mais qu’il est enraciné dans l’histoire même de l’Afrique.

Cette prise de parole est intervenue à l’occasion des différentes de Ubuntu Panafrika à Oïcha, notamment à l’Institut Mgr Kahongya, où des élèves se sont distingués par des productions artistiques; chansons, poèmes, slams et pièces de théâtre centrés sur les messages de sécurité, la dénonciation des violences et l’éveil de conscience panafricaine.

L’organisation a profité de cette occasion pour récompenser les élèves et leurs encadreurs, tout en encourageant la poursuite de cet engagement communautaire dans la lutte contre les groupes armés, notamment les ADF.

L’activité s’est clôturée par la remise de postes radio aux participants, afin de leur permettre de suivre les programmes d’éveil de conscience diffusés sur Ubuntu FM, 104.0 MHz.

Nganga Victor Mbafumoja