Le notable Kasomo Malamasa O’Buira, est sorti de son silence après la multiplication des attaques attribuées aux rebelles des ADF dans le territoire et la ville de Beni. Profondément révolté par les massacres enregistrés ces derniers jours, il estime que les populations civiles sont abandonnées à leur sort malgré les nombreuses alertes sécuritaires lancées depuis plusieurs semaines.
Selon lui, les ADF, qui étaient signalés depuis longtemps dans les brousses longeant l’axe Mbau-Kamango, ont pu mener des attaques successives sans être neutralisés. Deux civils ont été tués à Matukaka, deux autres à Mbutaba, au moins six personnes à Sayo, tandis que la commune de Mangina a subi deux attaques successives ayant fait au moins quinze morts. Dans la nuit du jeudi au vendredi 17 juillet 2026, les assaillants ont encore frappé le village de Mununze, semant une nouvelle fois la terreur.
« Trop, c’est trop ! Jusqu’à quand allons-nous continuer à ramasser les corps de nos compatriotes ? Les populations alertent chaque jour sur la présence des ADF, mais ces informations ne sont pas suffisamment exploitées. Les habitants ont le sentiment d’être abandonnés face à l’ennemi », déplore Kasomo Malamasa O’Buira.
Le notable appelle les autorités congolaises à tirer les leçons de cette succession de massacres et à revoir sans délai le dispositif sécuritaire dans la région de Beni. Il demande un renforcement des effectifs militaires, une meilleure exploitation du renseignement fourni par les communautés et une présence permanente des forces de sécurité dans les zones les plus exposées.
« La colère de la population est aujourd’hui légitime. L’État doit prouver qu’il est capable de protéger ses citoyens. Chaque nouvelle attaque est un drame de trop. Il faut passer des promesses aux actions concrètes pour mettre définitivement fin à cette tragédie. Trop c’est trop ! Jusqu’à quand allons-nous continuer à ramasser les corps de nos compatriotes ? La collaboration entre population et autorités doit avoir de l’impact positif, les informations données par la population ne sont pas suffisamment exploitées et prises en compte », conclut-il.
Rédaction
