Quatre jours nous séparent de la fin d’octobre rose. Pourtant, le cancer du sein demeure un problème majeur de santé publique en raison de sa fréquence et de ses conséquences sur la vie des femmes. À Oïcha, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la sensibilisation au dépistage précoce constitue un enjeu important, alors que les études locales sur cette maladie restent limitées. Le Dr Georges Maliyabwana, chercheur en sciences médicales, met en évidence les facteurs de risque, les moyens de dépistage et les mesures de prévention du cancer du sein.
Le cancer du sein résulte d’une multiplication anormale de cellules dans les tissus mammaires. Il figure parmi les cancers les plus fréquents chez les femmes dans le monde. Selon le Dr Georges Maliyabwana, cette maladie demeure préoccupante malgré les progrès réalisés dans sa compréhension, sa prévention et son traitement.
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer ce cancer. Le Dr Georges Maliyabwana cite notamment l’âge, les antécédents familiaux et personnels ainsi que l’histoire hormonale. La majorité des cas surviennent après 50 ans. Une femme ayant déjà eu un cancer du sein présente également un risque plus élevé de développer une nouvelle tumeur dans l’autre sein.
L’absence de grossesse, l’absence d’allaitement, une puberté précoce, une ménopause tardive et certains traitements hormonaux peuvent également être associés à une augmentation du risque. Toutefois, la présence de ces facteurs ne signifie pas automatiquement qu’une femme développera la maladie.
Concernant le dépistage, le chercheur souligne l’importance de détecter la maladie le plus tôt possible afin d’améliorer les chances de réussite du traitement. Une consultation médicale permet d’examiner les seins et de déterminer les examens nécessaires, notamment la mammographie, l’échographie ou, dans certaines situations, l’imagerie par résonance magnétique (IRM).
Une boule dans le sein, une modification de sa forme, un changement inhabituel de la peau, une rétraction du mamelon ou un écoulement anormal doivent conduire à consulter rapidement un professionnel de santé. Ces manifestations ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer, mais elles nécessitent une évaluation médicale.
En matière de prévention, le Dr Georges Maliyabwana évoque également l’importance d’un mode de vie sain. La pratique régulière d’une activité physique, le maintien d’un poids équilibré et la limitation de la consommation d’alcool peuvent contribuer à réduire le risque. L’allaitement, lorsqu’il est possible, présente également un effet protecteur.
L’autosurveillance des seins peut aider les femmes à reconnaître les changements inhabituels. Elle ne remplace cependant ni l’examen clinique ni les examens de dépistage recommandés selon l’âge et le niveau de risque.
À Oïcha, où les données locales sur le cancer du sein restent peu documentées, le renforcement de la sensibilisation pourrait favoriser une meilleure connaissance de la maladie. Les structures sanitaires, les professionnels de santé, les associations et les médias peuvent contribuer à informer les femmes sur les signes d’alerte et l’importance d’une consultation précoce.
Pour le Dr Georges Maliyabwana, la connaissance des facteurs de risque, du dépistage et des moyens de prévention constitue un élément important dans la lutte contre cette maladie. L’accès à une information claire et aux services de santé demeure ainsi un enjeu essentiel pour améliorer la prise en charge des femmes.
Jean-Claude Mbafumoja
