La ville d’Oïcha perdrait plus d’un million de dollars américains chaque année à travers l’importation de certains produits agricoles, selon une estimation présentée par Samuel Maunga, dans son mémoire défendu ce samedi 22 août 2026 à l’Université d’Oïcha (UNIO). Le chercheur plaide pour une meilleure valorisation de la production locale et un accompagnement accru des entreprises et producteurs naissants.
Intitulé « L’effet de l’importation de la tomate et de la farine de manioc sur le bien-être économique et social des ménages dans la ville d’Oïcha », le travail de Samuel Maunga analyse les conséquences de la dépendance aux produits agricoles importés sur l’économie locale et le bien-être des ménages.
Selon lui, l’État congolais aurait commis une erreur en mettant en place une coopération transfrontalière sans l’accompagner suffisamment d’une politique de soutien aux entreprises naissantes et à la production locale. Il estime que les initiatives économiques du milieu devraient bénéficier d’un accompagnement approprié, notamment à travers des mécanismes de subvention et une meilleure valorisation des producteurs locaux.
L’un des principaux constats présentés dans son étude concerne les sommes d’argent qui sortiraient de l’économie d’Oïcha pour financer l’achat de produits agricoles à l’extérieur. Samuel Maunga avance notamment une estimation de 100 000 dollars américains pour l’importation de 250 caisses la semaine et environ 1000 le mois, selon les données exploitées dans son travail.
À partir de ces données, le chercheur estime que les importations agricoles représentent une importante sortie de capitaux et que la ville d’Oïcha perdrait ainsi plus d’un million de dollars américains chaque année.
Pour Samuel Maunga, cette situation devrait susciter une véritable prise de conscience collective. Les autorités, les opérateurs économiques, les agriculteurs et les consommateurs sont tous appelés à réfléchir aux moyens de renforcer la production locale et de réduire progressivement la dépendance aux produits venus de l’extérieur.
Sur le plan économique, son étude recommande notamment de faciliter l’accès des agriculteurs aux intrants agricoles, à travers des mécanismes de soutien susceptibles de réduire les coûts de production de la tomate, du manioc et d’autres produits agricoles. L’objectif est de permettre aux producteurs locaux de répondre davantage aux besoins du marché.
Sur le plan social, Samuel Maunga préconise également la création de coopératives de femmes spécialisées dans la transformation du manioc. Cette organisation pourrait favoriser la création d’activités génératrices de revenus et permettre une meilleure valorisation des produits agricoles locaux.
La défense de Samuel Maunga s’est déroulée dans le cadre de la deuxième vague des défenses de mémoires à l’UNIO. Au total, 12 impétrants issus de différents domaines ont présenté leurs travaux devant un jury, dans la salle de réunion de l’École primaire Masosi, située dans la commune d’Asefu, en ville d’Oïcha.
Présent à cette activité, l’Administrateur de budget, Muhindo Thavuhirima Janckson, s’est dit satisfait de la qualité des prestations des impétrants. Il a également encouragé les anciens et nouveaux diplômés à poursuivre leurs études universitaires au sein de l’UNIO afin de bénéficier d’une formation de qualité.
Les participants à cette activité se sont, de leur côté, déclarés satisfaits des différentes prestations présentées au cours de cette deuxième vague de défenses.
La prochaine étape sera la cérémonie de collation des grades académiques, prévue le 28 août 2026.
Jean-Claude Mbafumoja
