Le message longtemps lancé par l’organisation Ubuntu Panafrika, à travers son projet « Wapi Jiwe Langu kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo ? », a trouvé un relais public vendredi en ville d’Oïcha, lors de l’installation des animateurs de la nouvelle ville, à travers l’intervention du représentant du gouverneur de la province du Nord-Kivu à cette activité. Le coordonnateur principal en charge de l’administration du territoire, de la décentralisation et des affaires coutumières, Kisaka Lobera Erick, a appelé les habitants à sortir de la logique de plainte face aux violences attribuées aux ADF, pour s’orienter vers une dynamique de résistance et d’action collective.
« Il ne suffit pas d’être plaintif dans la vie (…) Nous avons une force à mettre ensemble. Armée, population, tous réunis ; si nous voulons y mettre fin, nous allons y arriver », a-t-il déclaré devant des centaines de personnes réunies pour la cérémonie.
Ces propos ont rejoint les campagnes de sensibilisation menées par Ubuntu Panafrika dans la zone de Beni, Butembo, Lubero et Ituri dans cadre du projet « Wapi Jiwe Langu kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo ? », littéralement « Où est ma pierre pour la sécurité de l’Est du Congo ? ».
À travers ce projet centré sur le renforcement du mariage civilo-militaire, Ubuntu Panafrika défend une approche où la sécurité n’est pas uniquement perçue comme une responsabilité de l’État, mais aussi comme un engagement citoyen. L’organisation ainsi insiste sur l’idée que chaque individu doit contribuer à sa propre protection et à celle de sa communauté.

Dans cette logique, le chef de projet , maître Fidèle Ubuntu estime que la réaction face aux attaques ne devrait pas se limiter à la dénonciation ou à l’attente d’une intervention extérieure. Il encourage plutôt la vigilance, la circulation d’informations utiles aux services de sécurité, et le renforcement des mécanismes communautaires de protection.
Pour Maître Fidèle Ubuntu, la sécurité repose d’abord sur l’implication de chacun. Il rappelle que la protection d’un foyer participe directement à celle du voisinage, et qu’une communauté organisée réduit les marges d’action des troupes rebelles, terroristes.
Il défend également l’idée d’une résistance populaire structurée comme réponse aux attaques récurrentes des ADF dans l’Est de la RDC. Selon lui, la peur affaiblit les communautés et entretient une forme d’attentisme face aux menaces.
« La peur n’empêche pas de mourir ; elle empêche surtout de vivre », rappelle-t-il régulièrement, en encourageant aussi les jeunes à s’engager dans les forces de défense et à soutenir les FARDC ainsi que la Police nationale congolaise.
À Oïcha, le coordonnateur principal du gouverneur de province en charge de l’administration, Kisaka Lobera Erick a insisté sur la nécessité d’une prise de conscience collective face à un ennemi qu’il présente comme numériquement inférieur à la population locale. Il a appelé à une union entre population et forces de sécurité, estimant que cette synergie constitue une condition essentielle pour rétablir la stabilité dans le territoire de Beni et l’ensemble du Nord-Kivu.
Ils sont au nombre de combien ? Nous sommes ici à Oïcha, où l’on parle de plus de 250 000 habitants. Disons même qu’ils sont 5 000, ces ADF ; comment 5 000 personnes arrivent-elles à mettre en difficulté 250 000 habitants ? À un moment donné, on s’interroge aussi. Quelque part, nous dirons que nous réfléchissons moins. À un moment donné, on peut se le dire, vous et moi. »
Il y a quelques mois, le commandant de la Police nationale congolaise (PNC) district d’Oïcha, le colonel Mbala Michel, avait déjà tenu un discours allant dans la même direction. Il s’interrogeait sur la capacité des ADF, armés principalement d’armes blanches, à décimer des populations également munies de machettes et d’autres outils similaires, sans réelle résistance.
Nganga Mbafumoja Victor
