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Une séance d’échange autour de la sécurité communautaire s’est tenue ce vendredi 15 mai 2026 à Mambanike premier, village situé dans la localité de Bakila-Tenambo, au Nord d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, dans le secteur de Beni-Mbau. Environ cinquante (50) personnes, majoritairement des hommes et femmes membres de deux mutualités des parents réunies au sein de l’Union des blocs Nziapanda, ont pris part à cette rencontre, sur appel de l’organisation Ubuntu Panafrika.

Cette activité s’inscrivait dans le cadre du projet « Wapi Jiwe Langu kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo ? », qui prône le mariage civilo-militaire et la sensibilisation communautaire contre l’insécurité et le terrorisme dans l’Est de la RDC, particulièrement face aux exactions attribuées aux rebelles ADF.

Pendant plus de 45 minutes d’exposé, le représentant de Ubuntu Panafrika sur l’axe Oïcha a insisté sur la notion de corresponsabilité sécuritaire. Selon lui, la lutte contre les ADF ne doit pas être considérée comme une mission réservée uniquement aux militaires des FARDC et aux éléments de la Police nationale congolaise, mais comme un devoir collectif impliquant aussi les civils.

Devant les habitants de Moba/Mambanike, il a rappelé que les premières victimes des attaques rebelles restent souvent les populations civiles elles-mêmes. D’où, a-t-il expliqué, la nécessité pour les communautés de développer des mécanismes d’autoprotection, notamment en alertant sur les mouvements suspects des assaillants, en dénonçant leurs collaborateurs au sein de la population ainsi que parmi les services de sécurité, lorsqu’il y en a, et en soutenant les forces engagées sur les lignes de front.

L’orateur a également appelé les parents, et particulièrement les femmes, à transmettre dès le bas âge une culture de défense communautaire aux enfants. Il les a encouragés à apprendre aux jeunes générations à aimer et protéger leur terre, tout en les motivant à embrasser plus tard les carrières militaire et policière.

Face à la résurgence des attaques ADF dans plusieurs agglomérations du territoire de Beni, le projet « Wapi Jiwe Langu kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo ? » a aussi lancé un appel à briser la peur et à renforcer la résistance communautaire aux côtés des forces de défense et de sécurité.

« La peur n’empêche pas de mourir, elle empêche surtout de vivre », a insisté le représentant de Ubuntu Panafrika devant les participants.

À l’issue des échanges, plusieurs hommes et femmes de Mambanike ont salué l’engagement de l’organisation dans l’accompagnement des communautés locales face à l’insécurité. Selon eux, cette implication se traduit déjà sur le terrain par différentes actions, notamment l’installation de lampadaires solaires, de sirènes d’alerte ainsi que la dotation en radios Motorola à certains agents de sécurité, dans le but de réduire les cas d’insécurité dans l’entité.

Les participants ont néanmoins souhaité voir ces séances d’éveil patriotique se multiplier davantage afin de transformer progressivement la perception d’une partie de la population qui considère encore la sécurité comme une affaire exclusivement militaire.

De son côté, le représentant de Ubuntu Panafrika a promis de poursuivre ces activités de sensibilisation au sein des associations, mutualités, clubs et autres structures citoyennes à travers différentes contrées du territoire de Beni.

Nganga Mbafumoja Victor