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La coresponsabilité sécuritaire dans la lutte contre les ADF a constitué le cœur des échanges citoyens organisés ce vendredi 17 avril 2026 à Mamove, une agglomération située à environ 18 kilomètres à l’ouest d’Oïcha, dans le territoire de Beni.

Plus de 500 participants, venus de Mamove, Beu-Manyama ainsi que d’autres villages voisins, se sont rassemblés dans le temple du secteur catholique de Mamove. L’activité a été initiée par le parlement des jeunes, en collaboration avec l’ASBL Ubuntu Panafrika.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Wapi Jiwe Langu Kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo ? », qui met en avant le mariage civilo-militaire comme levier dans la lutte contre le terrorisme, les ADF et les autres formes d’insécurité.

Prenant la parole, le chef de projet, maître Fidèle Ubuntu, a appelé chacun à assumer sa part de responsabilité dans la sécurité de cette zone du territoire de Beni.

Dans un message à la fois spirituel et patriotique, il a interpellé les consciences; il a invité chacun, y compris les chrétiens présents, à devenir un instrument vivant de protection pour sa communauté, à être prêt à sauver Mamove, sa famille, sa mère.

Il a posé une question directe :
« peut-on réellement parler de mariage civilo-militaire si, en interne, certains n’appuient pas les efforts des forces engagées ? »

Ici, il a insisté que détenir une arme tournée contre les Congolais revient à porter une malédiction, et que collaborer avec les ADF équivaut à une trahison profonde, comparable à une atteinte à celle qui donne la vie.

Au total, des participants venus de Mamove, Mali ya Jamais, Kasongo, Beu-Manyama, Mangazi, Kawashawasha et d’autres localités environnantes ont pris part à cette séance, avec l’engagement de renforcer la sécurité dans leurs milieux respectifs.

Dans les échanges, plusieurs messages clés ont émergé.

L’un des participants a insisté : « Si tu connais quelqu’un qui collabore avec les ADF, signale-le immédiatement. »

Un autre a souligné la nécessité de renforcer la proximité avec les FARDC, rappelant que c’est là l’essentiel à retenir après cette séance.

D’autres interventions ont mis l’accent sur la vigilance quotidienne.

« Surveiller ses fréquentations, comprendre les activités de ceux qui nous entourent, car sans cette attention, les efforts resteront vains. »

Certains ont exprimé le besoin de vivre sans peu, en quiétude, enfin en sécurité, en confiance, en étroite collaboration avec les militaires, en osant dénoncer tout ce qui paraît suspect, même dans les activités champêtres.

Un participant venu de Beu/Manzumbu a rappelé : « la protection du Congo repose d’abord sur ses propres fils et filles, car personne ne viendra le faire à leur place. »

Un autre, venu du village de Kasongo, a insisté sur l’importance de renforcer la collaboration avec l’armée et d’avoir le courage de dénoncer, tout en soulignant que la portée réelle de cette séance dépendra de sa mise en pratique.

L’activité s’est clôturée par la distribution de fiches sur lesquelles les participants ont mentionné des noms de présumés ADF ou de leurs collaborateurs vivant en communauté, informations destinées à être analysées et traitées.

Elle s’est poursuivie avec la remise de postes radios pour permettre l’écoute des messages diffusés par Ubuntu FM depuis Beni, sur 104.0 FM.

Dans la continuité de cette mobilisation, une autre activité est prévue ce samedi 18 avril 2026 à Oïcha, dans la salle Kyusa, où des centaines de conducteurs de motos-taxis et chauffeurs de l’axe Mbau–Eringeti sont attendus dès 9 heures pour une séance similaire.

Nganga Victor Mbafumoja