La nouvelle attaque attribuée aux rebelles ADF, survenue tôt le matin du jeudi 11 juin dans le quartier Boikene en ville de Beni, continue d’alimenter les débats sur la sécurité et le rôle de la population aux côtés des services de sécurité dans la lutte contre l’insécurité.
Pour Maître Fidèle Ubuntu, analyste des questions sécuritaires et chef de programme de l’organisation Ubuntu Panafrika, qui met actuellement en œuvre le projet de renforcement du mariage civilo-militaire dénommé « Wapi Jiwe Langu kwa Usalama Wa Mashariki Ya Kongo ? », la peur constitue aujourd’hui l’une des armes les plus redoutables utilisées par les ADF.
« La peur n’empêche pas de mourir, elle empêche surtout de vivre », affirme-t-il.
Selon lui, les habitants de Beni et du territoire de Beni doivent refuser de se laisser dominer par la terreur semée par les ADF. Il estime que le courage collectif demeure un élément essentiel pour faire face à la menace.
« Lorsque la peur nous envahit, elle vient avec la mort. Lorsque le courage est avec nous, il vient avec la vie. Le risque de mourir est toujours là, mais nous devons l’affronter », soutient-il.
L’analyste appelle également la population à renforcer sa collaboration avec les Forces armées de la RDC (FARDC), notamment en dénonçant les personnes qui facilitent les actions des terroristes.
« Nous devons travailler avec l’armée pour dénicher les traîtres. Un traître est plus dangereux que l’ennemi lui-même. Sans les traîtres, le Congo serait plus fort et notre armée serait plus forte », affirme-t-il.
Pour lui, les dénonciations doivent viser aussi bien les civils complices des groupes armés que les éléments des services de sécurité qui ne remplissent pas correctement leur mission.
Maître Fidèle Ubuntu encourage par ailleurs les jeunes à envisager l’engagement au sein des FARDC afin de contribuer directement à la défense du pays.
« Si nous pensons que certains militaires ne font pas correctement leur travail, il appartient aussi à la jeunesse de s’enrôler, d’accepter la discipline militaire et de venir servir la République. Nous sommes les fils et les filles d’une seule mère : la RDC », insiste-t-il.
Face aux critiques visant régulièrement l’armée congolaise, il plaide pour une attitude qu’il juge plus constructive.
« Notre armée n’est pas céleste, elle est terrestre. Elle a des failles comme toute institution humaine. Mais c’est notre armée. Là où nous constatons des insuffisances, à nous d’apporter ce qu’il faut pour qu’il y ait davantage d’efficacité et de victoire », explique-t-il.
Selon lui, aucun acteur extérieur ne pourra remplacer l’engagement des Congolais eux-mêmes dans la recherche de la paix et la sécurité.
« Personne ne viendra sauver notre peuple à notre place. Chaque peuple se sauve lui-même. La force du peuple congolais, ce sont les FARDC. Nous devons rester unis autour de notre armée », conclut-il.
À travers ce message, l’analyste sécuritaire invite les habitants de Beni à ne pas céder à la psychose après les récentes attaques, estimant que la résistance collective, la vigilance et la collaboration avec les forces de sécurité demeurent les principales réponses face à la menace des groupes armés.
Nganga Mbafumoja Victor
