Dans la salle Kyusa à Kinkanda, en commune d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, un geste a marqué la séance d’échange autour de la sécurité ce samedi 18 avril 2026. Civils et militaires debout, mains levées et entremêlées, comme pour sceller un engagement commun. Plus qu’un symbole, cette posture traduisait une volonté partagée ; celle de penser et d’assumer la sécurité ensemble.
Au milieu des conducteurs de motos-taxis, chauffeurs et autres acteurs communautaires, la distance entre uniforme et tenue civile disparaît, laissant place à une responsabilité collective.

Du geste à la réalité, il n’y a qu’un pas, dit-on, c’est dans ce cadre que plus de 700 participants, venus de l’axe Eringeti-Mbau se sont réunis ce samedi 18 avril 2026 à Oïcha, à l’appel de l’organisation Ubuntu Panafrika. L’activité s’inscrivait dans le projet « Wapi Jiwe Langu Kwa Usalama wa Mashariki ya Kongo ? », avec pour objectif d’élargir la réflexion sur la lutte contre les ADF et les autres formes d’insécurité.
Les échanges ont insisté sur le rôle des taximen et chauffeurs, appelés à collaborer avec les services de sécurité en fournissant des informations utiles, tout en restant vigilants pour ne pas servir, consciemment ou non, les intérêts des groupes armés.
« Chauffeurs, conducteurs de motos-taxis, vous devez rester prudents pour ne pas en arriver à ravitailler ou à travailler avec les ADF sans le savoir. Et si certains le font en toute connaissance, alors sachez que vous êtes inutiles et que la terre congolaise ne vous pardonnera jamais. Vous êtes utilisés comme des préservatifs, puis rejetés, » a lancé maître Fidèle Ubuntu, chef de projet.
Il a également critiqué certains mouvements qui, sous couvert de sauver le Kongo, collaborent avec des forces extérieures.

« Sauver le Kongo sans les Congolais, c’est bâtir un paradis pour les étrangers. »
La présence des femmes a renforcé le message autour de l’éducation sécuritaire et patriotique. Elles ont été appelées à jouer pleinement leur rôle dans l’orientation des enfants et la transmission des valeurs de protection de la communauté.
« Qui est cette femme qui a déjà encouragé son fils ou sa fille à intégrer l’armée nationale ? Ou bien, n’envoyez-vous que ceux qui deviennent délinquants en famille ? Je vous en prie, envoyez aussi ceux qui ont étudié dans l’armée, car elle a besoin de personnes capables de réfléchir, d’observer et de planifier. »
Dans un ton plus ferme, le conférencier a rappelé l’exigence d’un engagement collectif.
« Si nous ne sommes pas prêts à soutenir notre armée, à nous rendre forts pour nous protéger, protéger nos femmes, nos enfants, nos fils… alors préparons-nous à mourir comme des bêtes. »
La séance s’est clôturée par la distribution de postes récepteurs radio FM aux participants, destinés à suivre les messages de sensibilisation diffusés par Ubuntu FM, émettant depuis Beni sur 104.0 FM.
Nganga Victor Mbafumoja
