La situation sécuritaire dans la zone de Mambasa devient de plus en plus préoccupante. Dans une alerte rendue publique, Me Jospin Paluku Mbowa, acteur de la Nouvelle Société Civile Congolaise, dénonce une nouvelle forme de violence attribuée aux rebelles des Allied Democratic Forces (ADF).
Selon cette source, depuis l’attaque survenue récemment au village Muchanga, situé à environ 11 kilomètres de Mambasa sur l’axe routier Bunia, des individus contactent les familles des personnes enlevées pour exiger le paiement de 10 000 dollars américains en échange de leur libération. Les proches des victimes affirment avoir été mis en contact avec les otages eux-mêmes, qui supplient leurs familles d’envoyer cette somme, affirmant être entre la vie et la mort.
D’après Me Paluku, ce mode opératoire, consistant à réclamer directement de l’argent aux familles, n’est pas isolé. Un cas similaire avait déjà été signalé lors de l’incursion de Muchacha, où plusieurs familles auraient été contraintes de payer pour obtenir la libération de leurs proches.
« C’est un mode opératoire inhabituel que nous venons de constater et ça crée de l’horreur », déplore-t-il.
La société civile note une dégradation continue de la situation sécuritaire dans la région depuis le mois de mars 2026. Elle estime que la protection des civils devient de plus en plus illusoire. Face à cette recrudescence d’enlèvements suivis d’exigences financières, Me Paluku exprime le profond désarroi de la populatio.
« Nous sommes épuisés et nous ne savons plus par quels mots nous adresser aux autorités pour leur montrer la détresse de la population. Nous sommes délaissés et c’est indigne », dit-il.
Cette alerte met en lumière une mutation des méthodes des groupes armés dans la région, où les enlèvements deviennent désormais un moyen direct de pression financière sur les familles des victimes.
JC Mbafumoja
