L’argent public ne tombe pas du ciel. Il provient, directement ou indirectement, de la population et des ressources du pays. Il appartient donc à la collectivité et doit, en principe, servir l’intérêt général. Pourtant, une question mérite d’être posée : le peuple congolais sait-il réellement comment son argent est collecté, géré et utilisé ?
Dans une société démocratique, demander des comptes sur l’utilisation des ressources publiques ne devrait pas être considéré comme une rébellion. Le citoyen a le droit de savoir quels projets sont financés, combien ils coûtent, qui les exécute et quels résultats sont obtenus. Cette exigence de transparence n’est pas une attaque contre les autorités ; elle constitue au contraire une manière de protéger l’intérêt public.
À Oïcha comme ailleurs, les citoyens doivent pouvoir suivre les réalisations qui touchent directement leur quotidien : routes, ponts, écoles, centres de santé, eau potable, assainissement et autres infrastructures. Lorsque des ressources sont annoncées pour un projet, la population est en droit de constater leur utilisation et les résultats obtenus.
Mais le contrôle citoyen doit également rester responsable. Il ne doit pas se transformer en accusation sans preuve, en humiliation des responsables ou en manipulation politique. Contrôler, c’est chercher la vérité, demander des explications, vérifier les informations et utiliser les mécanismes légaux disponibles.
Les autorités, de leur côté, devraient considérer les questions des citoyens comme une occasion de renforcer la confiance. Une gestion transparente réduit les soupçons, favorise la participation de la population et permet de mieux défendre les réalisations publiques.
Le développement ne peut pas être seulement l’affaire des dirigeants. Il concerne aussi les citoyens qui financent, observent, questionnent et bénéficient des services publics. L’argent public doit donc être géré dans l’intérêt de tous, avec transparence, responsabilité et respect des lois.
Au fond, la véritable question n’est peut-être pas seulement de savoir si l’argent public appartient au peuple. Il faut surtout se demander : le peuple dispose-t-il réellement des moyens de savoir comment son argent est utilisé ?
O’Buira Kasomo Malamasa
Notable
