Pendant dix-huit ans, on nous a dit qu’il était le berger. Le garant. Celui qui tenait le troupeau ensemble.
Joseph Kabila s’est présenté comme l’homme de la stabilité, le fils du pays qui avait ramené la paix. Mais un vrai berger dort devant l’enclos. Lui, il comptait les bêtes pendant que les loups entraient à l’Est.
Aujourd’hui le masque est tombé.
Le silence de Kingakati n’était pas une retraite, c’était une embuscade. Et la casquette de l’AFC/M23 n’est pas une nouvelle adhésion, c’est le retour à sa nature première.
Ce n’est plus l’ancien président qui commente la crise. C’est l’acteur de la crise qui reprend son rôle.
Le berger est devenu loup. Et il a rejoint la meute qu’il prétendait combattre.
LE BERGER QUI N’A JAMAIS PROTÉGÉ LE TROUPEAU
Pendant 18 ans, Kabila nous a vendu le rôle du berger. Le père de la nation. L’homme de la paix.
Mais regarde l’histoire vraie : Le berger laisse-t-il l’Est saigner pendant 18 ans? Laisse-t-il Beni, Butembo, Goma pleurer chaque nuit? Non. Le vrai berger meurt pour son troupeau. Lui, il comptait son bétail à Kingakati pendant que le troupeau était égorgé.
Son pouvoir n’a jamais été un service. C’était un élevage. Nous étions son troupeau à tondre, pas à protéger.
LE SILENCE DU LOUP À L’AFFÛT
De 2019 à 2024, on a cru qu’il était parti. Qu’il se reposait. Mensonge.
Le loup ne part pas. Il recule dans la forêt pour mieux sauter.
À Kingakati, il n’a jamais désarmé. Il a gardé les réseaux, les caisses, les généraux de salon. Il attendait que le nouveau berger, Tshisekedi, s’affaiblisse pour revenir.
Son silence n’était pas de la sagesse. C’était la patience du prédateur.
LE MASQUE TOMBE : HIER PRÉSIDENT, AUJOURD’HUI CHEF REBELLE
Le 12 octobre 2026 à Goma, la vérité a éclatée au grand jour.
L’ancien président Joseph Kabila a officiellement pris la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire qui englobe l’AFC et le M23. Ce mouvement, le Front pour la Refondation de la Nation (FRN), a été présenté dans sa propre résidence à Goma, ville sous contrôle du M23 depuis janvier 2025. Il sera entouré de Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga comme vice-présidents.
Il n’est plus l’ombre derrière la rébellion. Il en est désormais le chef officiel.
Fini la casquette de sénateur à vie. Il a remis l’uniforme de la brousse.
Il dit vouloir « mettre fin à la tyrannie par tous les moyens y compris la force ». Mais quelle tyrannie combat-il? Celle qui l’a condamné à mort pour trahison, ou celle qui empêche son retour au palais?
IL FAUT CHOISIR LE TROUPEAU OU LE LOUP
Congolais, l’histoire est claire.
On ne peut pas être à la fois celui qui a dirigé le Congo et celui qui s’allie à ceux qui le découpent.
Le berger devenu loup a choisi son camp. Il a choisi Goma occupée contre Kinshasa. Il a choisi la force contre la loi. Il a choisi son pouvoir contre notre nation.
Un berger qui rejoint les loups n’a jamais été un berger. C’était un loup déguisé qui attendait la nuit.
Maintenant la nuit est tombée. Et nous voyons son vrai visage.
Par Ezedor KIHANDI
