Face à la persistance des attaques des rebelles ADF dans la région de Beni, Maître Fidèle Ubuntu, analyste des questions sécuritaires et chef de programme de l’organisation Ubuntu Panafrika, appelle la jeunesse à s’impliquer davantage dans la défense du pays en rejoignant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Il estime que la sécurité nationale ne peut reposer uniquement sur les militaires actuellement en service.
Selon lui, les critiques adressées à l’armée devraient également pousser les jeunes à prendre leurs responsabilités.
« Si l’armée est habitée par des personnes qui, selon certains jeunes, ne font pas correctement leur travail, il appartient à cette même jeunesse de s’enrôler, d’accepter la discipline militaire et de venir servir la République », affirme-t-il.
Pour Maître Fidèle Ubuntu, l’engagement sous le drapeau ne devrait pas être motivé par la défense d’un village ou d’une communauté particulière, mais par la volonté de protéger l’ensemble du territoire national.
« Nous sommes les fils et les filles d’une seule mère, la RDC. Si nous entrons dans l’armée, ce n’est pas pour notre village, c’est pour la République démocratique du Congo », soutient-il.
L’analyste sécuritaire invite également la population à faire preuve de davantage de solidarité envers les FARDC. Tout en reconnaissant l’existence de certaines insuffisances au sein de l’institution militaire, il rappelle que celle-ci demeure la principale force de défense du pays.
« Notre armée n’est pas céleste, elle est terrestre. Elle a des failles, mais c’est notre armée. Là où nous constatons des insuffisances, nous devons contribuer à apporter des solutions afin qu’il y ait davantage d’efficacité et de victoires », explique-t-il.
Pour lui, les campagnes de dénigrement systématique contre les FARDC affaiblissent davantage l’effort de guerre. Il compare même cette attitude à celle d’une personne qui expose publiquement les faiblesses de sa propre famille au lieu de chercher à les corriger.
Cependant, Maître Fidèle Ubuntu estime que le renforcement de l’armée doit s’accompagner d’une lutte sans complaisance contre les réseaux de complicité qui facilitent les actions des groupes armés.
Il appelle ainsi la population à collaborer avec les services compétents pour identifier et dénoncer les traîtres, qu’ils se trouvent parmi les civils ou au sein des institutions.
« Un traître est parfois plus dangereux que l’ennemi lui-même. Sans les traîtres, le Congo serait plus fort et notre armée serait plus forte », conclut-il.
Nganga Mbafumoja Victor
