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La guerre en Iran peut sembler loin de la vie quotidienne en République démocratique du Congo, mais elle perturbe en réalité des chaînes économiques mondiales. Parmi les effets indirects évoqués par plusieurs sources internationales, on parle d’une possible hausse du prix des préservatifs, estimée entre 20 % et 30 % par certains fabricants.

Cette hausse ne vient pas du produit lui-même, mais des matières et de la logistique. Les préservatifs sont fabriqués à partir de latex et d’autres composants chimiques issus de l’industrie pétrochimique. Or, les tensions dans la région du Golfe perturbent le transport du pétrole et augmentent son prix. Cela entraîne une hausse du coût des matières premières, mais aussi du transport maritime et de la production industrielle, ce qui se répercute sur le prix final du produit.

Dans la province du Nord-Kivu, cette situation pourrait avoir des effets sensibles. Déjà confrontée à des difficultés économiques et sécuritaires, la population dépend souvent de produits de prévention accessibles pour lutter contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles. Dans des villes comme Butembo, Beni et Goma, une hausse des prix pourrait réduire l’achat de préservatifs, surtout chez les jeunes.

Les conséquences pourraient être importantes : augmentation des rapports non protégés, hausse des infections sexuellement transmissibles et progression des grossesses précoces, qui entraînent souvent l’abandon scolaire et la précarité. Ainsi, une crise énergétique et géopolitique mondiale peut indirectement aggraver des problèmes de santé publique locaux, rappelant l’importance de renforcer l’accès gratuit ou subventionné aux moyens de prévention.

Jean-Claude Mbafumoja